932 km à vélo dans les Alpes, du 8 au 25 août 2026, pour Gabriel, 1 an, atteint d'une maladie pulmonaire rare. Un défi solidaire au profit de Hope For Gabriel.
Le 8 août 2026, Robert, 67 ans, prendra seul la route des Alpes à vélo. Il roulera jusqu'à Nice : 932 kilomètres, 22 440 mètres de dénivelé positif, 16 étapes, 13 cols majeurs parmi lesquels l'Iseran, le Galibier, l'Izoard, le Vars, la Cayolle et le Turini. Au bout de la route, une cause : faire connaître la bronchiolite oblitérante, la maladie pulmonaire rare qui touche son petit-fils Gabriel.
Le défi, baptisé Les Cols du Souffle, est organisé au profit de l'association Hope For Gabriel. L'objectif est symbolique et précis : 1 € par mètre de dénivelé, soit 22 440 € reversés à l'association pour soutenir la recherche, accompagner les familles concernées et faire connaître une maladie rare encore largement invisible.
« L'assistance électrique est mon oxygène sur le vélo. L'oxygène médical est celui de Gabriel, et de tous les enfants qui en ont besoin pour respirer chaque jour. »
Robert, grand-père de Gabriel et porteur du défi.« Quand on m'a parlé du diagnostic possible, j'ai cherché "bronchiolite oblitérante" sur Google en espérant que ce ne soit pas ça. Ce que j'ai lu m'a donné envie de pleurer.
Aujourd'hui, je peux dire qu'il existe une voie pour stabiliser la maladie chez l'enfant : kinésithérapie, équipement médical, vigilance virale absolue, jour après jour. Ça demande un investissement total. Et c'est presque introuvable en français. Quasiment rien en ligne, encore moins pour les familles francophones qui découvrent le mot pour la première fois.
C'est pour ça qu'on fait tout ça. Pour qu'une autre famille, demain, qui tapera le nom de la maladie sur Google, ne tombe pas dans le noir. »
Johann Roche, papa de Gabriel et secrétaire de Hope For Gabriel.Le parcours traversera sept départements : Rhône (69), Ain (01), Haute-Savoie (74), Savoie (73), Hautes-Alpes (05), Alpes-de-Haute-Provence (04), Alpes-Maritimes (06). Robert roulera seul, sans assistance logistique professionnelle, sur un vélo à assistance électrique. À chaque étape, des hébergeurs solidaires, des points de ravitaillement et des relais locaux complètent la chaîne du défi.
Bronchiolite oblitérante : maladie pulmonaire rare qui provoque une inflammation et une fibrose des bronchioles, les plus petites voies respiratoires. Chez l'enfant, elle survient le plus souvent après une infection virale sévère, une greffe pulmonaire ou de moelle osseuse. Les traitements sont limités. La recherche manque de financements. Pour les familles, chaque souffle compte.
| # | Étape | Km | D+ | Cols |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Belleville-en-Beaujolais → Cerdon | 68,2 | 478 m | |
| 2 | Cerdon → Viry (St-Julien-en-Genevois) | 73,6 | 1 325 m | Col du Cerdon |
| 3 | Viry → Thonon-les-Bains | 56,6 | 557 m | |
| 4 | Thonon-les-Bains → Marignier (Cluses) | 51,6 | 1 182 m | Col du Feu, Col du Jambaz |
| 5 | Marignier → La Clusaz | 44,4 | 1 507 m | Col de la Colombière |
| 6 | La Clusaz → Les Saisies | 37,2 | 1 502 m | Col des Aravis, Col des Saisies |
| 7 | Les Saisies → Bourg-St-Maurice | 64,0 | 1 785 m | Col du Cormet de Roselend |
| 8 | Bourg-St-Maurice → Val-Cenis | 86,5 | 2 541 m | Col de l'Iseran (2 764 m) |
| 9 | Val-Cenis → Valloire | 51,7 | 1 131 m | Col du Télégraphe |
| 10 | Valloire → Briançon | 54,0 | 1 315 m | Col du Galibier (2 642 m) |
| 11 | Briançon → Guillestre | 51,1 | 1 472 m | Col d'Izoard (2 362 m) |
| 12 | Guillestre → Barcelonnette | 49,8 | 1 318 m | Col de Vars |
| 13 | Barcelonnette → Guillaumes | 63,2 | 1 519 m | Col de la Cayolle |
| 14 | Guillaumes → Valdeblore | 51,1 | 1 934 m | Col de Valberg, Col de la Couillole |
| 15 | Valdeblore → Sospel | 68,2 | 1 961 m | Col de St-Martin, Col de Turini |
| 16 | Sospel → Nice | 55,0 | 913 m | Col de Castillon, Col d'Èze, Grande Corniche |
Robert a fait sa carrière comme commerçant indépendant, à son compte, dans le Beaujolais. Une vie de travail qui n'a jamais laissé beaucoup de place pour les longues échappées.
Depuis le diagnostic de Gabriel, Robert s'investit pleinement. Il invente, il agit, il porte la famille. Le défi des Cols du Souffle, c'est sa manière à lui de dire « je suis là » à voix haute, sur 932 kilomètres.
Le vélo, lui, ne l'a jamais vraiment quitté. Cycliste depuis sa jeunesse, il s'est remis en selle plus régulièrement à la retraite : sorties locales dans le Beaujolais, randonnées en montagne, plaisir simple de la route, en solo.
La traversée des Alpes, c'est un rêve qu'il porte depuis longtemps. Pas un caprice de retraité, pas un délire de sportif : un projet qu'il a toujours imaginé pour lui, mais que le travail et les contraintes de la vie ont sans cesse repoussé. À 67 ans, il a décidé que c'était maintenant ou jamais. Et que ce serait pour Gabriel.
« J'ai toujours voulu faire cette traversée. Aujourd'hui, je la fais pour lui, pour Gabriel, et pour qu'on parle de sa maladie. »
RobertRobert a 67 ans. À cet âge, enchaîner 18 jours de cols alpins avec un dénivelé cumulé de plus de 22 000 mètres sans assistance serait déraisonnable. Le VAE n'est pas un confort, c'est une condition pour que le défi soit réalisable. L'assistance électrique sur le vélo, c'est l'équivalent de l'oxygène médical pour Gabriel : un appui technique qui permet à un corps de continuer à avancer.
Robert a démarré ses entraînements spécifiques en mai 2026 en vue du défi : sorties progressives, dénivelé croissant, travail de la résistance sur plusieurs heures. Trois mois pour mettre le corps au niveau de 18 jours de montagne. Sortie après sortie, il monte en charge.
Robert ne se contente pas de pédaler pour Gabriel. Il s'investit énormément dans l'association Hope For Gabriel au quotidien. Il est venu rendre visite à Gabriel à Noël, et le voit régulièrement en visio. Entre eux, l'interaction est forte, joyeuse, complice, malgré la distance.
« Je l'ai grimpé pour Gabriel. »
Robert, en réserve pour les sommets d'août.Gabriel est né le 6 avril 2025. Il a soufflé sa première bougie en avril 2026, à la maison, entouré des siens. Cette première bougie, sa famille a longtemps craint qu'il ne puisse pas la souffler.
À quelques mois, Gabriel attrape une bronchiolite, en apparence classique, comme des milliers de nourrissons chaque hiver. Elle ne se résorbe pas. Elle s'aggrave. 5 mois d'hospitalisation s'enchaînent, dont 4 en réanimation et 3 sous intubation. Le diagnostic tombe le 30 juillet 2025 : bronchiolite oblitérante post-infectieuse (BOPI), la variante de la maladie qui touche les enfants après une infection respiratoire sévère, et la forme la plus rare et la plus grave de complication d'une bronchiolite virale. Par chance, le diagnostic a été posé tôt, ce qui n'est pas le cas pour beaucoup d'autres familles.
C'est un enfant rieur, calme, doux. Il fait des bisous, des câlins. Il est très observateur. Il adore qu'on lui lise des livres. Il éclate de rire quand on joue à cache-cache avec lui. Il déteste, par contre, voir les médecins arriver : il a déjà appris à les reconnaître.
À 13 mois, Gabriel se déplace à quatre pattes : ses six mois d'hôpital ont laissé un retard moteur que le quotidien rattrape, séance après séance. Quand il avance vite, il s'essouffle et il siffle. Il continue quand même.
Cette dernière contrainte change tout. Gabriel ne voit pas d'autres enfants. La famille a dû se séparer de ses animaux. Le cercle de personnes en contact est strictement filtré. C'est l'autre face, peu racontée, des maladies pulmonaires rares chez l'enfant : un quotidien réorganisé autour d'une seule règle, ne pas tomber malade.
Quand Gabriel est extubé après trois mois sous machine, ses parents entendent enfin un son sortir de sa bouche. Avant, il pleurait sans son. Ce premier cri audible, c'est l'image que la famille porte avec elle.
À Noël 2025, Robert traverse le pays pour venir voir Gabriel. Il arrive déguisé en Père Noël et lui chante une chanson écrite pour lui. C'est de cette scène, plus que d'aucune autre, qu'est née l'idée de pédaler 932 km pour son petit-fils.
« Gabriel, c'est un enfant qui a choisi de vivre. Beaucoup d'autres autour de lui, en réanimation, ne sont pas rentrés à la maison. Lui, oui. »
Johann Roche, papa de Gabriel.La bronchiolite oblitérante (BO) est une maladie pulmonaire rare qui touche les bronchioles, les plus petites voies respiratoires des poumons.
Elle se caractérise par une inflammation suivie d'une fibrose (cicatrisation) qui rétrécit progressivement, puis obstrue ces voies. La conséquence : l'air circule de moins en moins bien. La respiration devient un effort, parfois jusqu'à nécessiter un apport d'oxygène médical.
Chez l'enfant, elle survient le plus souvent après :
Il n'existe pas de traitement curatif. Aucun médicament ne guérit la BO aujourd'hui. Les soins visent à stabiliser la maladie et à éviter qu'elle ne progresse :
Bien suivie chez l'enfant, la maladie peut se stabiliser. Mais cela demande un investissement total de la famille au quotidien, et la maladie reste imprévisible. Dans les formes les plus graves, l'horizon thérapeutique est la transplantation pulmonaire, qui peut elle-même, à son tour, déclencher une nouvelle BO sur le poumon greffé.
Sources : « La bronchiolite oblitérante post-infectieuse chez l'enfant, une maladie rare et potentiellement dévastatrice » (ScienceDirect / EM-Consulte) ; OPA Pratique ; Pédiatrie Pratique ; Orphanet.
« On ne meurt pas vraiment de la bronchiolite oblitérante quand elle est bien suivie. On vit difficilement avec, on se bat tous les jours, et la plupart des gens, soignants compris, n'ont jamais entendu le nom de cette maladie. Le défi de Robert, c'est notre manière de la sortir de l'invisibilité. »
Johann Roche, papa de Gabriel.En savoir plus : BO Community, la plateforme internationale lancée par la famille de Gabriel pour les familles touchées par cette maladie.
Mission : informer sur la bronchiolite oblitérante, soutenir les familles concernées et faire connaître cette maladie rare encore trop méconnue.
Les fonds collectés alimenteront trois destinations, dont la répartition exacte sera précisée par l'association à l'issue du défi :
Liens :
Le défi des Cols du Souffle n'aurait pas pu exister sans le soutien d'acteurs institutionnels, économiques, techniques, associatifs et hospitaliers qui ont dit oui, parfois avant même d'avoir tous les détails.
La presse régionale et locale du Beaujolais a relayé l'histoire de Gabriel et la création de l'association Hope For Gabriel. À noter : ces articles sont antérieurs au lancement du défi Les Cols du Souffle, qui a été imaginé après. Ils posent néanmoins un cadre éditorial pour les rédactions qui souhaiteraient prolonger le sujet avec l'angle du défi.
Les coupures et captures d'écran sont disponibles sur demande à l'adresse contact@hopeforgabriel.com.
Toutes les ressources visuelles sont libres de droit pour la presse dans le cadre de la couverture du défi. Merci de mentionner la famille (« © Famille Roche » ou « Hope For Gabriel ») en crédit.
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Le défi traverse sept départements. Chaque étape est une histoire locale : un départ, une arrivée, des hébergeurs, des relais bénévoles, parfois un col mythique. Robert est disponible pour des interviews pré-défi, en direct sur le parcours (août 2026) et en bilan post-défi.